Économie et Organisation Administrative des Entreprises · 2ème année Bac — Sciences Économiques

La formation

I. Définition et objectifs de la formation

La formation professionnelle désigne l'ensemble des actions pédagogiques et organisées qui visent à transmettre, développer ou actualiser les connaissances, les compétences et les aptitudes des individus en vue d'améliorer leur performance dans le cadre d'un travail donné. Elle constitue un investissement immatériel essentiel aussi bien pour l'entreprise que pour le salarié.
Pour l'entreprise, la formation poursuit plusieurs objectifs fondamentaux :
  • Adapter les salariés aux évolutions technologiques, organisationnelles et réglementaires de leur environnement.
  • Améliorer la productivité, la qualité du travail et la compétitivité globale de l'organisation.
  • Préparer les salariés à occuper de nouvelles fonctions ou à assumer des responsabilités élargies (mobilité interne).
  • Fidéliser les talents et renforcer la motivation en offrant des perspectives d'évolution professionnelle.
Pour le salarié, la formation lui permet d'enrichir son capital humain, d'augmenter son employabilité, c'est-à-dire sa capacité à obtenir et à conserver un emploi, et de progresser dans sa carrière professionnelle.

II. Les types de formation : formation initiale et formation continue

A. La formation initiale

La formation initiale est l'ensemble des enseignements dispensés dans le cadre du système éducatif ou de l'enseignement professionnel avant l'entrée dans la vie active. Elle prépare le futur salarié à exercer un métier grâce à l'acquisition de connaissances fondamentales et de qualifications reconnues (diplômes, certificats). Elle se déroule principalement dans les établissements scolaires, les instituts de formation professionnelle et les universités.

B. La formation continue

La formation continue, quant à elle, intervient tout au long de la vie professionnelle du salarié, après son entrée dans le monde du travail. Elle répond aux besoins d'adaptation permanente exigés par les mutations économiques, technologiques et sociales. Elle peut revêtir plusieurs formes :
  • Formation interne : assurée par l'entreprise elle-même, grâce à ses propres formateurs ou à ses dispositifs de tutorat et de compagnonnage.
  • Formation externe : réalisée par des organismes spécialisés extérieurs à l'entreprise (cabinets de formation, centres agréés).
  • Formation en alternance : combinant périodes de travail en entreprise et périodes d'apprentissage théorique.
  • Formation à distance (e-learning) : dispensée via des supports numériques, permettant une flexibilité dans le temps et l'espace.

III. Le plan de formation

Le plan de formation est un document stratégique et prévisionnel qui recense l'ensemble des actions de formation qu'une entreprise décide de mettre en œuvre pour ses salariés sur une période donnée (généralement une année). Il constitue la traduction opérationnelle de la politique de formation de l'entreprise.
Un plan de formation bien conçu comporte obligatoirement les éléments suivants :
  • L'identification précise des actions de formation retenues et leur contenu.
  • Les publics cibles (catégories de salariés concernés).
  • Le calendrier de réalisation des formations.
  • Le budget alloué à chaque action de formation.
  • Les modalités d'évaluation des résultats obtenus à l'issue des formations.
Le plan de formation est élaboré en concertation avec les représentants du personnel et la direction des ressources humaines (DRH). Il doit être cohérent avec les orientations stratégiques de l'entreprise et ses besoins en compétences à court, moyen et long terme.

IV. Les étapes du processus de formation

La mise en œuvre d'une politique de formation suit un processus structuré en quatre étapes principales :

1re étape : L'identification des besoins en formation

Cette phase consiste à détecter les écarts existants entre les compétences actuelles des salariés et celles requises pour atteindre les objectifs de l'entreprise. L'identification des besoins s'appuie sur plusieurs sources d'information :
  • Les entretiens annuels d'évaluation entre les salariés et leurs responsables hiérarchiques.
  • L'analyse des résultats de l'entreprise, des dysfonctionnements constatés et des évolutions de l'environnement.
  • Les souhaits exprimés par les salariés eux-mêmes dans le cadre de leurs projets professionnels.

2e étape : La conception du plan de formation

Une fois les besoins identifiés et hiérarchisés, la DRH conçoit le plan de formation. Cette étape implique de définir les objectifs pédagogiques de chaque action, de choisir les méthodes et les formateurs appropriés, de fixer les délais et d'établir le budget prévisionnel. La conception doit veiller à l'alignement des actions de formation avec la stratégie globale de l'entreprise.

3e étape : La réalisation des actions de formation

Il s'agit de la mise en œuvre effective des formations planifiées. Cette phase comprend la mobilisation des ressources humaines et matérielles nécessaires, la coordination avec les organismes de formation retenus et le suivi logistique et administratif des stages. La réalisation doit respecter le calendrier prévu et garantir la qualité pédagogique des interventions.

4e étape : L'évaluation des formations

L'évaluation est une étape indispensable qui permet de mesurer l'efficacité et l'efficience des actions de formation réalisées. Elle peut s'effectuer à plusieurs niveaux :
  • Évaluation à chaud : questionnaire de satisfaction rempli par les participants à l'issue de la formation, mesurant leur perception immédiate de la qualité pédagogique.
  • Évaluation des acquis : vérification que les connaissances et compétences visées ont bien été assimilées (tests, mises en situation).
  • Évaluation du transfert : observation, quelques semaines après la formation, de la capacité du salarié à appliquer concrètement ce qu'il a appris dans son poste de travail.
  • Évaluation de l'impact : mesure des effets de la formation sur les résultats de l'entreprise (productivité, qualité, taux d'absentéisme, etc.).
Un indicateur couramment utilisé est le taux de retour sur investissement de la formation, qui se calcule comme suit : retour sur investissement de la formation = (gains générés par la formation moins coût de la formation) divisé par le coût de la formation, multiplié par cent. Ce calcul reste complexe en pratique car les gains liés à la formation sont souvent difficiles à isoler des autres facteurs de performance.

V. Les enjeux de la formation pour l'entreprise et pour le salarié

A. Les enjeux pour l'entreprise

La formation représente un levier stratégique majeur pour l'entreprise. Dans un contexte de mutations technologiques accélérées (numérisation, automatisation) et de concurrence accrue, la capacité à développer les compétences internes devient un avantage concurrentiel durable. Les principaux enjeux pour l'entreprise sont les suivants :
  • Enjeu stratégique : la formation permet d'aligner les compétences des salariés sur les orientations stratégiques de l'entreprise (diversification, internationalisation, innovation).
  • Enjeu de performance : des salariés mieux formés produisent un travail de meilleure qualité, commettent moins d'erreurs et sont plus productifs.
  • Enjeu social et humain : la formation est un signal de reconnaissance envers les salariés, ce qui améliore leur motivation, leur engagement et leur fidélité à l'entreprise.
  • Enjeu d'anticipation : en formant ses salariés de manière proactive, l'entreprise évite les coûts liés aux recrutements externes et aux erreurs d'adaptation.

B. Les enjeux pour le salarié

Du point de vue du salarié, la formation est un droit et un vecteur de progression individuelle. Elle lui permet de :
  • Renforcer et actualiser ses compétences pour rester pertinent sur le marché du travail.
  • Accéder à des postes à plus hautes responsabilités et, potentiellement, à une meilleure rémunération.
  • Se reconvertir professionnellement en cas de suppression de son poste ou d'évolution de son secteur d'activité.
  • Développer son épanouissement personnel à travers l'acquisition de nouvelles savoirs et savoir-faire.

VI. La formation et la GPEC : le lien avec l'employabilité

La Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC) est une démarche qui consiste à anticiper les besoins futurs en emplois et en compétences de l'entreprise, afin d'adapter en permanence ses ressources humaines aux exigences stratégiques et aux évolutions de l'environnement. La formation occupe une place centrale dans la GPEC.
En effet, la GPEC s'articule autour d'un diagnostic des écarts entre les compétences disponibles aujourd'hui et les compétences nécessaires demain. Cet écart — souvent appelé « gap de compétences » — est comblé en priorité par la formation, avant d'envisager d'autres solutions comme le recrutement externe ou la restructuration.
Le lien entre formation et GPEC se manifeste concrètement de la façon suivante :
  1. L'entreprise réalise un inventaire des compétences existantes (référentiel de compétences).
  1. Elle établit une projection des compétences nécessaires à l'horizon de trois à cinq ans selon sa stratégie.
  1. Elle identifie les écarts et définit les priorités de formation dans le plan de formation.
  1. Elle évalue l'impact des formations réalisées sur la réduction de ces écarts.
La notion d'employabilité est étroitement liée à cette logique. L'employabilité désigne la capacité d'un individu à acquérir et à maintenir les compétences nécessaires pour trouver un emploi, le conserver et évoluer dans sa vie professionnelle. La formation continue est le principal instrument de développement de l'employabilité, à la fois pour sécuriser les parcours professionnels des salariés et pour garantir la flexibilité dont l'entreprise a besoin face aux aléas économiques.
Ainsi, la GPEC et la formation constituent les deux piliers d'une gestion des ressources humaines tournée vers l'avenir : l'une anticipe et planifie les besoins, l'autre les satisfait en développant le capital humain de l'organisation.

VII. Exemple illustratif

Considérons une entreprise industrielle de taille intermédiaire qui décide d'automatiser une partie de sa ligne de production en intégrant des machines à commande numérique. La DRH analyse les fiches de poste des opérateurs concernés et constate que leurs compétences actuelles ne couvrent pas la programmation et la maintenance de ces nouveaux équipements.
Pour combler cet écart, elle inscrit dans le plan de formation annuel un module de formation technique de deux semaines, animé par un organisme spécialisé externe. À l'issue de la formation, les opérateurs sont évalués sur leur capacité à paramétrer les machines et à diagnostiquer les pannes courantes. Deux mois après leur retour au poste, le responsable de production constate une réduction du taux de rebut de production et une amélioration du rendement des équipements. La formation a donc produit un retour positif, mesurable à la fois en termes de qualité et de productivité.
Par ailleurs, les opérateurs concernés voient leur profil enrichi d'une compétence nouvelle, ce qui renforce leur employabilité en cas de mobilité interne ou de recherche d'un emploi sur le marché extérieur.
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À retenir : La formation est un investissement stratégique qui bénéficie à la fois à l'entreprise et au salarié. Elle peut être initiale (avant l'entrée dans la vie active) ou continue (tout au long de la carrière). Elle s'organise autour d'un plan de formation structuré en quatre étapes : identification des besoins, conception, réalisation et évaluation. Elle constitue le principal levier de la GPEC pour réduire les écarts de compétences et garantir l'employabilité des salariés face aux évolutions permanentes de l'environnement économique et technologique.