Économie et Organisation Administrative des Entreprises · 2ème année Bac — Sciences de Gestion Comptable

Politique de communication

I. Notion de communication commerciale

La communication commerciale désigne l'ensemble des actions entreprises par une organisation pour transmettre des informations, des messages ou des signaux à ses différentes cibles (consommateurs, distributeurs, prescripteurs, grand public) dans le but d'influencer leurs attitudes et leurs comportements à l'égard de ses produits, de ses marques ou d'elle-même. Elle constitue l'un des quatre éléments du mix marketing — aux côtés du produit, du prix et de la distribution — et joue un rôle déterminant dans la construction de l'image de l'entreprise et dans la stimulation de la demande.
La politique de communication est l'ensemble des décisions cohérentes portant sur le choix des cibles, la définition des messages, la sélection des supports et la répartition des budgets entre les différents outils de communication disponibles.

II. Objectifs de la communication commerciale

Les objectifs de la communication commerciale s'articulent autour de trois dimensions complémentaires, souvent résumées par le modèle Cognitif – Affectif – Conatif (également connu sous le modèle AIDA : Attention, Intérêt, Désir, Action) :
  • Objectif cognitif (faire savoir) : faire connaître le produit, la marque ou l'entreprise ; informer le consommateur sur les caractéristiques et les attributs de l'offre. Cet objectif vise la notoriété et la connaissance.
  • Objectif affectif (faire aimer) : créer ou renforcer une attitude favorable envers la marque ou le produit ; développer une image positive, susciter de l'intérêt, de la préférence ou du désir. Cet objectif agit sur les émotions et les perceptions.
  • Objectif conatif (faire agir) : inciter le consommateur à passer à l'acte d'achat, à essayer le produit, à le réacheter ou à recommander la marque à son entourage. Cet objectif vise directement le comportement d'achat.
Ces trois niveaux d'objectifs sont hiérarchisés : avant d'aimer et d'agir, le consommateur doit d'abord savoir. La politique de communication doit donc tenir compte de l'étape du cycle de vie du produit et du niveau de maturité du marché pour fixer des objectifs réalistes et mesurables.

III. La cible de communication

La cible de communication est l'ensemble des personnes auxquelles les messages sont destinés. Elle peut être plus large que la cible marketing (les acheteurs potentiels) car elle inclut tous ceux qui peuvent influencer la décision d'achat ou l'image de l'entreprise.
On distingue plusieurs types de cibles :
  • Le cœur de cible : le segment prioritaire visé en priorité par les actions de communication ; ce sont généralement les consommateurs les plus susceptibles d'acheter le produit.
  • La cible secondaire : les personnes qui influencent l'achat sans être nécessairement elles-mêmes les acheteurs (prescripteurs, leaders d'opinion, distributeurs).
  • Le grand public : ensemble de la population concernée par des actions de notoriété ou d'image institutionnelle.
La définition précise de la cible — en termes sociodémographiques, comportementaux et psychographiques — conditionne le choix du message et des supports de communication.

IV. Le message de communication

Le message est le contenu informationnel ou émotionnel transmis à la cible. Il repose sur trois composantes fondamentales :
  • L'axe de communication : l'idée centrale autour de laquelle le message est construit ; il correspond à l'avantage ou au bénéfice principal mis en avant (solidité, prix, modernité, naturalité…).
  • Le thème ou concept créatif : la façon dont l'axe est traduit de manière créative et mémorable ; il peut être rationnel (arguments factuels) ou émotionnel (registre affectif, humour, peur, appartenance…).
  • Le code ou le registre : le style rédactionnel, les visuels, les couleurs et les symboles utilisés pour transmettre le message de manière cohérente avec l'image de marque.
Un message efficace doit être clair, différenciant, crédible et mémorable. Il doit correspondre aux attentes de la cible et être cohérent avec le positionnement global de l'entreprise.

V. La communication média : la publicité

La publicité est une forme de communication payante, non personnelle, diffusée à travers des supports médias de masse. Elle permet d'atteindre simultanément un grand nombre de personnes et de construire la notoriété et l'image d'une marque ou d'un produit sur le long terme.

A. Les grands médias traditionnels

On recense classiquement six grands médias publicitaires :
  1. La télévision : grand impact visuel et sonore, large audience, fort pouvoir de démonstration ; coût élevé.
  1. La presse écrite : permet un ciblage précis (presse quotidienne nationale, presse régionale, presse spécialisée) ; durée de vie du message plus longue.
  1. La radio : rapidité de diffusion, large couverture, faible coût relatif ; absence d'image.
  1. L'affichage (publicité extérieure) : fort impact géographique et visuel ; message court et percutant.
  1. Le cinéma : audience captive, fort impact émotionnel ; audience limitée.
  1. Internet et médias numériques : interactivité, ciblage comportemental précis, mesurabilité en temps réel ; diversification des formats (bannières, vidéos, réseaux sociaux).

B. Critères de choix d'un média

Le choix d'un média repose sur plusieurs critères : la couverture (nombre de personnes touchées), la répétition (fréquence de contact), l'affinité avec la cible, le coût pour mille contacts (CPM), la compatibilité avec le type de message et les contraintes légales en vigueur.
La formule générale du coût pour mille contacts est la suivante : Coût pour mille (CPM) = (Coût total de l'insertion ÷ Audience du support) × 1 000

VI. La communication hors-média

La communication hors-média regroupe l'ensemble des techniques de communication qui ne passent pas par les grands médias de masse. Elle se caractérise par un contact plus direct, plus personnalisé et souvent plus ciblé que la publicité classique. Ses principaux outils sont la promotion des ventes, les relations publiques, le marketing direct et le parrainage (sponsoring).

A. La promotion des ventes

La promotion des ventes est un ensemble de techniques à caractère temporaire destinées à stimuler à court terme les ventes d'un produit en offrant un avantage supplémentaire au consommateur, au distributeur ou à la force de vente.
On distingue trois niveaux de promotion :
  • Promotion consommateur : réductions de prix, bons de réduction, offres d'essai, jeux-concours, primes, échantillons gratuits, programmes de fidélité.
  • Promotion distributeur (trade marketing) : remises de référencement, têtes de gondole, merchandising préférentiel, animations en point de vente.
  • Promotion force de vente : primes de performance, concours de vente, challenges internes visant à motiver les commerciaux.
La promotion des ventes agit essentiellement sur l'objectif conatif (incitation à l'achat immédiat) mais présente l'inconvénient de ne produire qu'un effet ponctuel et de risquer de dégrader l'image de marque si elle est trop fréquente.

B. Les relations publiques

Les relations publiques (RP) constituent l'ensemble des actions menées par l'entreprise pour développer, entretenir et améliorer son image auprès de ses différents publics : journalistes, actionnaires, collectivités locales, associations, partenaires institutionnels et grand public.
Les principaux outils des relations publiques sont :
  • Les communiqués et conférences de presse : diffusion d'informations sur l'entreprise aux médias afin d'obtenir des retombées rédactionnelles (coverage médiatique non payant).
  • Les événements d'entreprise : portes ouvertes, journées du personnel, expositions, colloques.
  • Le mécénat : soutien financier ou matériel à une cause culturelle, sociale, humanitaire ou environnementale, sans contrepartie commerciale directe. Le mécénat améliore l'image citoyenne de l'entreprise.
  • Les publications institutionnelles : rapports annuels, brochures d'entreprise, lettres d'information destinées aux parties prenantes.

C. Le marketing direct

Le marketing direct est une technique de communication personnalisée qui s'adresse individuellement à chaque prospect ou client, en visant une réponse mesurable et immédiate. Il repose sur l'exploitation de bases de données qualifiées (fichiers clients) permettant de cibler finement les destinataires du message.
Les formes courantes du marketing direct incluent :
  • Le mailing (publipostage) : envoi de courriers ou d'e-mails personnalisés contenant une offre commerciale.
  • Le phoning (télémarketing) : prospection ou fidélisation par téléphone.
  • Le catalogue et la vente par correspondance (VPC) : présentation de l'offre complète permettant la commande à distance.
  • Le marketing mobile et digital : envoi de messages SMS, notifications push, e-mails ciblés via des outils d'automatisation.
L'un des atouts majeurs du marketing direct est la mesurabilité de son efficacité grâce au taux de retour, calculé comme suit : Taux de retour = (Nombre de réponses obtenues ÷ Nombre de messages envoyés) × 100

D. Le parrainage (sponsoring)

Le parrainage ou sponsoring est une technique par laquelle une entreprise (le sponsor) apporte un soutien financier ou matériel à un événement, une personne (sportif, artiste) ou une organisation, en échange d'une visibilité de son nom, de sa marque ou de son logo. Contrairement au mécénat, le parrainage suppose une contrepartie commerciale explicite.
Les domaines de parrainage les plus courants sont le sport, la culture, l'environnement et l'humanitaire. Les objectifs poursuivis sont la notoriété, l'image, et l'association aux valeurs positives de l'événement parrainé.

VII. Le mix de communication (plan de communication intégré)

Le mix de communication désigne la combinaison cohérente et complémentaire de tous les outils de communication utilisés par l'entreprise pour atteindre ses objectifs. On parle également de communication intégrée lorsque l'ensemble des messages délivrés à travers les différents canaux (médias et hors-médias) forment un discours unifié, cohérent et synergique.
La construction du mix de communication passe par les étapes suivantes :
  1. Définir les objectifs de communication (cognitifs, affectifs, conatifs) en cohérence avec la stratégie marketing globale.
  1. Identifier et segmenter la cible de communication (cœur de cible, cible secondaire, grand public).
  1. Définir le message et l'axe de communication en veillant à la cohérence avec le positionnement de la marque.
  1. Choisir les outils et supports adaptés à la cible, au message et au budget disponible (publicité, promotion, RP, marketing direct, sponsoring).
  1. Répartir le budget de communication entre les différents outils en optimisant le rapport coût/efficacité.
  1. Évaluer les résultats par des indicateurs adaptés : notoriété assistée ou spontanée, taux de mémorisation, taux de retour, évolution des ventes, évolution de l'image.

VIII. Différences clés entre les outils de communication

Pour bien maîtriser le mix de communication, il est essentiel de distinguer les outils selon leurs caractéristiques principales :
  • Publicité vs promotion des ventes : la publicité agit sur le long terme (image et notoriété) ; la promotion des ventes agit sur le court terme (déclenchement immédiat de l'achat).
  • Relations publiques vs publicité : les RP sont moins contrôlées par l'entreprise (les médias relaient librement l'information) mais ont une plus forte crédibilité auprès du public ; la publicité est entièrement maîtrisée mais immédiatement identifiée comme commerciale.
  • Parrainage vs mécénat : le parrainage implique une contrepartie commerciale visible (logo, citation de la marque) ; le mécénat est un acte de générosité sans contrepartie directe, à finalité d'image institutionnelle.
  • Marketing direct vs publicité de masse : le marketing direct est individualisé, interactif et mesurable ; la publicité de masse s'adresse à une audience large de manière indifférenciée.

IX. Le budget de communication

La détermination du budget de communication est une décision stratégique. Plusieurs méthodes sont utilisées :
  • Méthode par pourcentage du chiffre d'affaires : on alloue un pourcentage fixe du chiffre d'affaires réalisé ou prévisionnel au budget de communication. Cette méthode est simple mais ne tient pas compte des objectifs réels.
  • Méthode par objectifs et tâches : on définit d'abord les objectifs précis à atteindre, puis on chiffre les actions nécessaires pour les atteindre. C'est la méthode la plus rigoureuse sur le plan théorique.
  • Méthode par alignement sur la concurrence : on fixe le budget en s'alignant sur les investissements moyens des concurrents dans le secteur.
  • Méthode par ressources disponibles : on affecte à la communication le solde des ressources après couverture des autres charges. C'est une méthode contrainte par des impératifs financiers plutôt que marketing.

X. Exemple concret illustratif

Prenons l'exemple fictif d'une entreprise marocaine de produits alimentaires biologiques souhaitant lancer un nouveau jus de fruits sur le marché national.
  • Objectif de communication : faire connaître le produit (objectif cognitif) et créer une image saine et naturelle (objectif affectif) dans un premier temps ; inciter à l'essai (objectif conatif) dans un second temps.
  • Cible : ménages urbains avec enfants, sensibles aux produits naturels et à la santé — cœur de cible. Prescripteurs : médecins et nutritionnistes — cible secondaire.
  • Message : axé sur la naturalité et l'origine locale des fruits ; registre chaleureux et familial.
  • Mix de communication retenu : publicité à la télévision et sur les réseaux sociaux pour la notoriété ; distribution d'échantillons en grande surface pour l'essai (promotion consommateur) ; communiqué de presse vers des magazines santé (relations publiques) ; mailing ciblé vers les clients d'une enseigne partenaire (marketing direct) ; parrainage d'un événement sportif régional pour renforcer l'image dynamique et saine.
Ce mix coordonné permet d'agir simultanément sur les trois niveaux d'objectifs (cognitif, affectif et conatif) en s'adressant à la cible principale et aux prescripteurs par des canaux adaptés.

XI. Cohérence et intégration de la politique de communication

Pour être efficace, la politique de communication doit respecter plusieurs principes de cohérence :
  • Cohérence interne : tous les outils de communication doivent véhiculer le même message central, la même identité visuelle et le même ton, quelle que soit la cible ou le support utilisé.
  • Cohérence avec le mix marketing : la communication doit être en harmonie avec la politique de produit (qualité perçue), de prix (positionnement haut ou bas de gamme) et de distribution (sélectif ou intensif).
  • Cohérence temporelle : le plan de communication doit être planifié dans le temps, en tenant compte des saisonnalités du marché, des temps forts commerciaux et des cycles de vie du produit.
  • Cohérence budgétaire : la répartition du budget doit refléter les priorités stratégiques et la rentabilité attendue de chaque outil.

XII. Les limites et les enjeux contemporains de la communication commerciale

La communication commerciale doit aujourd'hui faire face à plusieurs défis :
  • La saturation publicitaire : les consommateurs sont exposés à un nombre croissant de messages, ce qui rend la différenciation et l'impact d'un message de plus en plus difficile à obtenir.
  • La méfiance du consommateur : le public est de plus en plus sceptique envers les messages publicitaires ; les avis de consommateurs, le bouche-à-oreille et les recommandations entre pairs ont pris une importance croissante.
  • La fragmentation des audiences : la multiplication des canaux numériques oblige les entreprises à diversifier leurs supports et à adapter leurs messages à des micro-audiences de plus en plus ciblées.
  • L'éthique et la déontologie : la communication doit respecter les règles de véracité, de décence et d'honnêteté. Elle ne doit pas induire le consommateur en erreur ni utiliser des pratiques trompeuses.
💡
À retenir : La politique de communication commerciale est l'ensemble des décisions coordonnées permettant à une entreprise de transmettre des messages adaptés à ses cibles, à travers des outils complémentaires. Elle poursuit trois grandes familles d'objectifs : faire savoir (cognitif), faire aimer (affectif) et faire agir (conatif). Les outils se répartissent en communication média — principalement la publicité diffusée sur les grands médias — et en communication hors-média — regroupant la promotion des ventes (avantage temporaire pour stimuler l'achat), les relations publiques (construction de l'image institutionnelle), le marketing direct (communication personnalisée et mesurable) et le parrainage (association à un événement en contrepartie de visibilité). L'efficacité de la politique de communication repose sur la cohérence du mix : tous les outils doivent porter le même message central, cibler les mêmes publics prioritaires et s'inscrire dans une stratégie budgétée, planifiée et évaluée. Le mix de communication doit lui-même être cohérent avec l'ensemble du mix marketing (produit, prix, distribution) pour garantir un positionnement lisible et crédible aux yeux du consommateur.