Économie et Organisation Administrative des Entreprises · 2ème année Bac — Sciences de Gestion Comptable

La communication

I. Définition et importance de la communication

La communication est le processus par lequel un émetteur transmet un message à un récepteur dans le but de partager une information, de modifier un comportement ou d'influencer une décision. Elle constitue le fondement de toute relation humaine et organisationnelle.
Dans le contexte de l'entreprise, la communication est un outil stratégique indispensable : elle coordonne les activités internes, renforce la cohésion entre les collaborateurs et projette une image auprès des partenaires extérieurs. Une communication efficace conditionne la performance de l'ensemble des fonctions de l'entreprise — approvisionnement, production, finances et marketing.

II. Le schéma de la communication

Le modèle classique de la communication, formalisé notamment par Shannon et Weaver dans leurs travaux sur la théorie de l'information, identifie six éléments essentiels qui structurent tout acte communicationnel.

A. Les composantes du schéma

  • L'émetteur : c'est la source du message. Il peut s'agir d'une personne, d'un service ou d'une organisation. L'émetteur encode l'information qu'il souhaite transmettre en choisissant un code (langue, symboles, chiffres) adapté au récepteur.
  • Le message : c'est le contenu de l'information transmise. Il peut être verbal (oral ou écrit), non verbal (gestes, expressions, images) ou para-verbal (ton, rythme, intonation).
  • Le canal (ou support) : c'est le moyen par lequel le message est acheminé de l'émetteur vers le récepteur. Il peut être auditif (conversation téléphonique, réunion), visuel (affichage, rapport écrit) ou numérique (courrier électronique, intranet).
  • Le récepteur : c'est le destinataire du message. Il décode le message reçu selon son propre cadre de référence (culture, expérience, connaissances). Un même message peut être interprété différemment selon les récepteurs.
  • Le code : c'est l'ensemble des signes et des règles partagés par l'émetteur et le récepteur permettant de donner du sens au message. Pour qu'il y ait compréhension, émetteur et récepteur doivent disposer d'un code commun.
  • Le feedback (ou rétroaction) : c'est la réponse du récepteur à l'émetteur. Il permet de vérifier que le message a bien été reçu et compris. Le feedback transforme la communication linéaire en un échange circulaire et interactif.

B. Le rôle du feedback

Le feedback occupe une place centrale dans tout processus de communication. Sans lui, l'émetteur ne peut pas évaluer l'efficacité de son message. Dans l'entreprise, le feedback se manifeste par les réponses des salariés aux directives de la hiérarchie, par les réclamations ou la satisfaction des clients, ou encore par les questions posées lors d'une réunion. Il permet à l'émetteur de rectifier son message si nécessaire et d'adapter sa communication future.

III. Les types de communication selon la cible

A. La communication interne

La communication interne désigne l'ensemble des échanges d'informations qui se déroulent à l'intérieur de l'entreprise, entre ses membres. Elle vise à informer, motiver, fédérer et coordonner les équipes autour des objectifs communs de l'organisation.
On distingue trois flux principaux de communication interne selon la direction du message :
  1. Communication descendante : elle circule du niveau hiérarchique supérieur vers les niveaux inférieurs. Elle prend la forme de notes de service, de circulaires, de directives ou d'instructions. Son objectif principal est d'informer et d'orienter l'action des collaborateurs.
  1. Communication ascendante : elle remonte des niveaux inférieurs vers la direction. Elle se traduit par des rapports d'activité, des comptes rendus, des suggestions ou des réclamations du personnel. Elle permet à la direction de connaître l'état de l'organisation et d'ajuster ses décisions.
  1. Communication horizontale (ou latérale) : elle s'effectue entre personnes ou services de même niveau hiérarchique. Elle favorise la coordination entre les départements (par exemple entre le service commercial et le service logistique) et stimule le travail en équipe.

B. La communication externe

La communication externe regroupe l'ensemble des messages qu'une entreprise adresse à ses partenaires extérieurs : clients actuels et potentiels, fournisseurs, actionnaires, organismes publics, presse et grand public. Elle vise à construire et à entretenir l'image de l'entreprise, à développer ses ventes et à maintenir de bonnes relations avec son environnement.
Les principaux supports de communication externe sont : la publicité, les relations publiques, le site web institutionnel, les salons professionnels, les communiqués de presse et les brochures commerciales.

IV. La communication formelle et la communication informelle

A. La communication formelle

La communication formelle est organisée et encadrée par la structure officielle de l'entreprise. Elle suit des règles préétablies, des circuits définis et des supports normalisés. Elle est traçable, archivable et opposable. Parmi ses manifestations on trouve les réunions officielles, les notes internes, les rapports, les procédures écrites et les organigrammes.
Ses avantages résident dans sa clarté, sa fiabilité et son caractère officiel. En revanche, elle peut se révéler rigide et lente, surtout dans les entreprises à structure hiérarchique lourde.

B. La communication informelle

La communication informelle est spontanée et non planifiée. Elle se développe en dehors des canaux officiels, souvent à l'occasion de rencontres fortuites, de discussions à la machine à café ou d'échanges entre collègues. Le phénomène de « rumeur » ou de « bouche-à-oreille » en est une illustration typique.
Si la communication informelle peut accélérer la circulation de l'information et renforcer la cohésion sociale, elle présente aussi des risques : déformation des messages, propagation de rumeurs non fondées et risques de conflits. Le manager doit en tenir compte et la canaliser sans la supprimer.

V. La communication institutionnelle et la communication commerciale

A. La communication institutionnelle

La communication institutionnelle (ou communication d'entreprise) vise à promouvoir l'image globale de l'organisation — ses valeurs, sa culture, son identité et sa responsabilité sociale. Elle s'adresse à un public large : partenaires financiers, pouvoirs publics, société civile et médias. Son objectif n'est pas de vendre directement un produit, mais d'asseoir la crédibilité et la légitimité de l'entreprise.
Exemples de supports : rapport annuel, charte graphique, sponsoring d'événements culturels ou sportifs, communiqués institutionnels, actions de mécénat.

B. La communication commerciale

La communication commerciale a pour objectif direct de promouvoir les produits ou services de l'entreprise afin de stimuler les ventes. Elle s'inscrit dans la politique de marketing-mix et prend des formes variées : publicité médias (télévision, presse, radio, affichage), marketing direct (mailing, catalogues), promotion des ventes (réductions, concours) et marketing digital (réseaux sociaux, référencement en ligne).
Elle cible principalement les clients actuels et potentiels. Son efficacité se mesure par l'évolution du chiffre d'affaires, de la part de marché et de la notoriété de la marque.

VI. Les obstacles à la communication

Tout processus de communication peut être perturbé par des obstacles appelés bruits ou parasites. Ces obstacles réduisent la fidélité du message et peuvent entraîner des malentendus, des conflits ou des erreurs de gestion. On en distingue plusieurs catégories :
  • Obstacles sémantiques : liés au sens des mots et au langage utilisé. L'emploi de termes techniques incompréhensibles pour le récepteur, les ambiguïtés de langage ou les différences de vocabulaire entre services peuvent fausser la compréhension du message.
  • Obstacles psychologiques : résultent des préjugés, stéréotypes, méfiances ou émotions des interlocuteurs. Un récepteur peu réceptif au changement, ou en situation de stress, peut mal interpréter un message pourtant clair.
  • Obstacles organisationnels : liés à la structure de l'entreprise. Une hiérarchie trop longue, un organigramme complexe ou des circuits d'information trop lourds allongent les délais et déforment les messages à chaque relais.
  • Obstacles techniques : liés aux supports et aux canaux utilisés. Un réseau téléphonique défaillant, un logiciel inadapté, une salle de réunion mal équipée ou une connexion internet instable sont des sources courantes de perturbation.
  • Obstacles culturels : résultent des différences de valeurs, de normes et de représentations entre individus d'origines ou de cultures professionnelles différentes. Dans un contexte multiculturel ou interdépartemental, ces obstacles prennent une importance particulière.

VII. Les conditions d'une communication efficace

Pour qu'un acte de communication atteigne son objectif, plusieurs conditions doivent être réunies. Ces conditions constituent autant de principes directeurs pour tout gestionnaire ou responsable de communication.
  • Clarté et précision : le message doit être formulé de façon simple, sans ambiguïté, en utilisant un vocabulaire adapté au niveau du récepteur.
  • Choix du canal adapté : selon la nature du message (urgent, confidentiel, complexe), le canal doit être sélectionné avec soin. Une décision stratégique se transmet mieux lors d'une réunion formelle qu'à travers un simple message instantané.
  • Écoute active : le récepteur doit manifester sa disponibilité et son attention. L'écoute active implique de reformuler, de questionner et de prendre en compte le point de vue de l'émetteur.
  • Retour d'information systématique : tout processus de communication doit prévoir un mécanisme de feedback permettant de confirmer la bonne réception et compréhension du message.
  • Cohérence entre communication verbale et non verbale : le langage corporel, le ton et les expressions du visage doivent être en accord avec le contenu du message pour éviter les contradictions et renforcer la crédibilité de l'émetteur.

VIII. Exemple concret illustratif

Considérons une entreprise industrielle fictive qui souhaite informer ses équipes de production d'un nouveau planning de fabrication.
Le directeur de production (émetteur) rédige une note de service (message) transmise par courrier électronique via l'intranet de l'entreprise (canal) à l'ensemble des chefs d'atelier (récepteurs). Le message est rédigé en français courant (code commun). Les chefs d'atelier accusent réception par un message de confirmation et soulèvent des questions sur certains points du planning (feedback). Le directeur, ayant reçu ce retour, organise une réunion de clarification pour lever les ambiguïtés : la boucle de communication est ainsi bouclée.
Dans cet exemple, on identifie simultanément une communication interne descendante (direction → opérateurs), formelle (note de service officielle) et à visée organisationnelle (coordination de la production). Si les chefs d'atelier avaient discuté entre eux de façon spontanée sans passer par la hiérarchie, cela aurait constitué une communication informelle et horizontale.

IX. La communication dans la gestion de l'entreprise

La communication traverse toutes les fonctions de l'entreprise et conditionne leur efficacité :
  • En approvisionnement : la transmission précise des besoins aux fournisseurs, les bons de commande, les relances et les confirmations de livraison reposent sur une communication externe rigoureuse.
  • En production : les ordres de fabrication, les fiches techniques, les procédures de contrôle qualité sont des vecteurs de communication interne descendante et horizontale essentiels à la fluidité des opérations.
  • En finance : les rapports financiers, les tableaux de bord et les communications aux actionnaires ou aux partenaires bancaires constituent des actes de communication à fort enjeu stratégique.
  • En marketing : le plan de communication commerciale et la stratégie de communication institutionnelle déterminent la notoriété et l'image de marque de l'entreprise sur son marché.
  • En management : la qualité de la communication du manager est un facteur déterminant de motivation, de cohésion d'équipe et d'efficacité organisationnelle. Un manager qui communique bien informe, mobilise et fédère ses collaborateurs autour d'une vision partagée.
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À retenir : La communication est un processus structuré autour de six éléments clés — émetteur, message, canal, code, récepteur et feedback. Elle peut être interne (descendante, ascendante ou horizontale) ou externe, formelle ou informelle, institutionnelle ou commerciale. Son efficacité dépend de la clarté du message, du choix du canal, de la qualité de l'écoute et de la présence d'un feedback. Les obstacles à la communication (sémantiques, psychologiques, organisationnels, techniques et culturels) doivent être identifiés et surmontés pour garantir une bonne circulation de l'information au sein de l'entreprise et avec son environnement. Maîtriser la communication, c'est maîtriser l'un des leviers les plus puissants du management et de la performance organisationnelle.